HISTOIRE DE LA COMMUNE
La Commune peut être définie d'un point de vue territorial,
historique et
juridique .
D'un point de vue territorial, pour
des raisons historiques, la Commune a la même étendue
que l'Etat lui-même. Une expérience de la répartition
du territoire communal en trois communes : Monaco-Ville, la Condamine,
Monte-Carlo, a été tentée en 1911 ; mais la révision
constitutionnelle de 1917 y a mis fin. La Ville et l'Etat recouvrent
donc le même territoire.
D'un point de vue historique, la population
de la Principauté était, au 13ème siècle
,au moment de l'édification du Palais, concentrée sur
le Rocher. Dès lors, la communauté des habitants dénommée
" Université " s'est organisée afin de gérer
ses intérêts et de se défendre contre d'éventuels
assaillants.
Les Grimaldi ont conservé cette organisation
qui a perduré en se transformant en Commune.
Cette organisation était constituée par la Communauté
Monégasque qui réunissait tous les chefs de famille,
y compris les veuves ayant des enfants ; ceux-ci encourraient une
amende s’ils manquaient les assemblées sans excuse valable.
Cette assemblée générale dite Parlement élisait
ses représentants auxquels le Seigneur ajoutait des membres
de droit. La présidence était assurée par le
Seigneur lui-même, en son absence par le Castelan et plus tard
par le Podestat.
Rien ne se faisait sans l'avis du Podestat qui décidait de
ce qui intéressait la Communauté, mais le Podestat demeurait
soumis quant à ses décisions à l'autorité
du Seigneur.
Le Parlement n'avait pas de local spécialement désigné
pour tenir ses assises. Il pouvait se tenir au Palais ou au Parasëtu,
voire même sur la place publique.
A titre d'exemple, au 16ème siècle, la communauté
est toujours présidée par un Podestat assisté
d'officiers communaux élus tous les ans à la Saint Michel
: 4 syndics et 12 conseillers.
L'Assemblée comprenait aussi 2 mestrali (chargés des
marchés), 2 arbitres, 2 sanbarbani, 1 caissier et 2 pacificateurs.
En 1790, Honoré III établit un Conseil de 18 membres
: un Podestat, 11 conseillers élus, 4 consuls, un procureur
fiscal, un avocat des pauvres.
La Révolution changera pendant un temps l'organisation municipale
de la Principauté.
La Constitution de 1911 créant un Conseil National à
compétence législative et budgétaire, ne supprime
pas l'institution communale.
La Commune unique telle qu'elle existe aujourd'hui est restaurée
par une loi promulguée en 1920 et refondue en 1974, qui en
régit l'organisation et le fonctionnement.
En conclusion, la Commune est donc
la plus ancienne expression de l’attachement des Monégasques
à leur Souverain.
Bibliographie :
1. L. CANIS, 1963, Notre Passé, Comité National des
Traditions Monégasques et Louis CANIS
2. J. FREU, R.NOVELLA, J-B.ROBERT, 1986, Histoire de Monaco, Ministère
d'Etat, Monaco